Retour d’un jeune écologue sur le suivi de La Cistude d’Europe.

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Romain Lengagne ©Renaudin

Romain Lengagne est un étudiant en année terminale de Licence Professionnelle de  Diagnostic Environnemental à l’Université de Besançon. Récemment, il a travaillé sur un programme de suivi de données démographiques de tortues appelées Cistudes d’Europe (Emys orbicularis) à l’Institut de recherche pour la conservation des zones humides méditerranéennes la Tour du Valat en France, créé par Dr Luc Hoffmann en 1964.

 

 

 

 

 

 

 

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Cistude Emys orbicularis ©Renaudin

La Cistude d’Europe est une espèce de tortue d’eau douce vivant dans les zones humides entourées de paysages naturels. On peut la trouver en Europe méridionale et centrale, en Asie occidentale et en Afrique du Nord et elle est inscrite sur la Liste rouge de l’UICN avec la désignation de ‘’faible risque/quasi menacé’’.

 

 

 

 

 

 

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Pièges installés autour du domaine de La Tour du Valat. Crédit photo: Romain Lengagne

Le programme de surveillance en Camargue, dans la Réserve Naturelle de la Tour du Valat, vise à contrôler et à surveiller la population en analysant des données variées pour étudier son évolution démographique annuelle. Il est important de noter que la Cistude d’Europe (Emys orbiculaire) est une espèce parapluie, ce qui signifie que la protection de ces espèces aide indirectement à la protection des autres espèces qui partagent le même écosystème, et qui composent la communauté écologique de leur habitat.

Pour développer cette enquête, le suivi ne peut se faire que pendant la période d’activité des tortues (d’Avril à Août), alors qu’elles entrent en hibernation d’Octobre à Mars.

 

 

 

 

 

Romain installe des nasses tous les lundis et les relève les vendredis. Elles sont conçues spécifiquement pour les tortues et sont composées de deux filets qui conduisent les tortues dans les nasses. (Voir dessin © Millair)

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Nasse pour les cistudes ©Millair

Chaque matin, les nasses sont inspectées pour contrôler les individus dans différentes parties du domaine de la réserve naturelle de la Tour du Valat qui sont dans le protocole.

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Relève des filets ©Renaudin

Une fois les tortues collectées et examinées, la base de données est mise à jour. Pour reconnaître chaque tortue, un système de marquage de la carapace est utilisé (comme le montre l’image ci-dessous). Quand un nouvel individu est trouvé, il est marqué d’un nouveau numéro.

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Identification de l’individu 651. Crédit Photo: Romain Lengagne

Les nouvelles données sont également comparées avec celles prises les années précédentes. Les informations pertinentes pour l’étude incluent le sexe, l’âge, le poids, la taille et les caractéristiques de carapaces telles que blessures ou anomalies. Comme le dit Romain « il est intéressant de surveiller les anomalies pour mieux connaître les individus».

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Mesure de la carapace ©Renaudin

Il convient de souligner que le marquage de la Cistude d’Europe a commencé en 1967, tandis que le suivi scientifique, qui suit le protocole qui vient d’être décrit précédemment, a commencé en 1997. Actuellement, il y a 1.226 tortues marquées, et depuis 1997, l’équipe scientifique a effectué 8,903 captures d’individu.

La population de tortues dépend de la quantité et de la qualité de l’eau. Les principales menaces pour la Cistude d’Europe sont la destruction des habitats, la pollution de l’eau, la compétition avec des espèces exotiques, la mort causée par le trafic routier, et le dragage du réseau hydraulique dans les périodes inappropriées.

 

Plusieurs enquêtes ont été menées à la Tour du Valat sur les distances parcourues par les tortues. Les mâles se déplacent beaucoup plus que les femelles soit pour s’accoupler, soit pour chercher de nouveaux territoires. Ces déplacements ont fait l’objet d’une thèse sur la population étudiée à la Tour du Valat qui a mis en évidence que certains mâles décident de migrer afin de trouver un milieu où la concurrence sexuelles est plus faible (Ficheux, 2013). Des distances de plus de 10 km ont été enregistrées dans un autre domaine géré par le Parc Naturel Régional de Camargue (Fuentes et Olivier, 2016). Le record appartient à un mâle ayant parcouru au minimum 18 km (Fuentes et Olivier, 2016).

Cistude_TourduValat©Renaudin (4)Il y a une certaine compétition avec les espèces envahissantes de tortues comme la tortue de Floride, mais seulement 2 spécimens ont été trouvés durant les 50 dernières années. Les espèces envahissantes d’écrevisses (Procambarus clarkii) sont maintenant entrées dans le régime alimentaire des tortues.

 

Pour conclure, Romain a profité de cette expérience et a appris énormément à propos la biologie et l’écologie de cet habitat. Il a particulièrement apprécié travailler sur une étude scientifique à long terme comme celle-là, près de 20 ans de données et de recherche sur cette espèce. Il fut très enthousiaste à propos de la mise en place de ce protocole dans le domaine et d’être capable de faire les comparaisons des données rassemblées.

 

Plus d’informations

En savoir plus sur le programme Conservation des espèces à la Tour du Valat.

Télécharger le rapport de stage de Romain ici.

 

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