Les techniques ancestrales de la gestion de l’eau à Douiret-Sbaa (Maroc)

Dans le petit village de Douiret-Sbâa, au cœur du désert, l’eau n’est pas seulement un besoin : c’est un héritage culturel transmis depuis des siècles. Chaque goutte provient de la source d’Aïn Sbaâ, et sa gestion minutieuse reflète un équilibre délicat entre nature et communauté.

 

© Association Douiret-Sbaa de Développement Local

 

Chaque soir, au coucher du soleil, l’eau de la source est dirigée vers un grand réservoir où elle est stockée pendant la nuit. Cette accumulation garantit qu’au lever du soleil, lorsque commence la journée d’irrigation, le volume disponible est suffisant pour arroser équitablement les champs de l’oasis. Parfois, en raison de fluctuations naturelles ou conjoncturelles, le débit de la source peut être irrégulier. Dans ce cas, l’eau est acheminée directement vers les champs selon les besoins de la journée, assurant ainsi la continuité de l’irrigation.

Calculé par la communauté, le réservoir peut contenir jusqu’à 189 mètres cubes d’eau, assurant ainsi environ 378 mètres cubes d’irrigation par jour pour l’ensemble du village.

 

© Association Douiret-Sbaa de Développement Local

 

La distribution de cette eau est une affaire publique et profondément structurée. Chaque matin, un représentant du comité des sages marque le niveau d’eau attribué à chaque utilisateur sur un tronc d’arbre sculpté, à l’aide de clous représentant des fractions allant de 1/2 à 1/192.

 

© Association Douiret-Sbaa de Développement Local

 

Chaque part correspond à un temps précis d’irrigation, et la communauté se réfère à l’horloge de la mosquée pour garantir l’équité. Le premier utilisateur de la journée, responsable également de la fermeture du réservoir la veille, ouvre la vanne et gère le débit avec précision, respectant scrupuleusement le temps de chacun.

 

© Association Douiret-Sbaa de Développement Local

 

Le rythme de ce système ancestral s’adapte aux saisons. L’été se compose de cycles de 25 jours et l’automne de cycles de 17 jours. Les parts d’eau sont ajustées lors du passage d’une saison à l’autre, et la responsabilité d’ouvrir le réservoir tourne quotidiennement entre les bénéficiaires par tirage au sort, suivant un code de conduite précis qui assure la justice et l’ordre dans cette pratique millénaire.

 

© Association Douiret-Sbaa de Développement Local

 

Cette gestion traditionnelle de l’eau, à la fois technique et sociale, est un exemple vivant de savoir-faire ancestral. Elle illustre comment les communautés méditerranéennes ont su développer des pratiques durables, conciliant culture, responsabilité et préservation des ressources naturelles.

Dans le cadre de la campagne #CultureForWetlands de MedWet, ce type de patrimoine culturel est célébré comme un trésor à protéger et à transmettre aux générations futures.

Pour plus d’information, veuillez contacter:
Si Abdelkrim Boughoud, de l’Association Douiret-Sbaa de Développement Local
boughoud1@gmail.com